Le développement social intégré (DSI) dans la région de Charlevoix

Derrière les paysages pittoresques de Charlevoix « entre fleuve et montagne », se cache une réalité socio-économique complexe. De toute la région administrative de la Capitale-Nationale dont il fait partie, le territoire de Charlevoix connaît l'indice de défavorisation le plus élevé. Les données de l'Institut de la statistique du Québec sont évocatrices. En 2014, le revenu disponible moyen des deux MRC par habitant était de 23 645 $, se situant au niveau du seuil de faible revenu qui était de 23 647 $ en 2015.

Quelques faits saillants

  • Un grand territoire : Un peu plus de 6000 km2
  • Peu d'habitants : Un peu moins de 30 000
  • Une faible densité de population
  • 2 MRC (Charlevoix et Charlevoix Est)
  • 13 municipalités
  • Une économie rurale et touristique qui s'accompagne d'emplois précaires et saisonniers ainsi que d'un chômage plus important en hiver
  • Un revenu moyen à la limite de la pauvreté : 23 645 $/habitant

Certaines municipalités sont plus touchées que d'autres par la pauvreté, mais ce que l'on constate avec les années, ce sont les écarts qui se creusent entre les zones les plus nanties et les milieux défavorisés. Cette augmentation des inégalités socioéconomiques  a  un impact sur la qualité de vie et le mieux-être de la population et contribue à renforcer les inégalités sociales de santé.

En plus d'avoir les revenus annuels par personne les plus faibles de toute la Capitale-Nationale, le territoire de Charlevoix connait un important défi démographique. Les jeunes de la région sont confrontés à de nombreux obstacles liés à l'emploi, au transport, à l'éducation ainsi qu'à la difficulté d'accéder à la propriété, ce qui les empêche de rester dans la région ou de s'y installer, et les contraint à l'exode. Ce phénomène ne fait qu'accentuer la tendance au vieillissement très élevée de la région.

Une volonté commune d'harmoniser les efforts pour mieux intervenir collectivement

Dès 2007, et depuis 2013 dans l'ensemble du territoire de Charlevoix, les acteurs du développement social de la région ont éprouvé la nécessité d'harmoniser leurs efforts pour mieux intervenir collectivement sur des enjeux complexes comme la pauvreté ou l'exclusion sociale, et obtenir ainsi un impact plus important. Ils ont alors adopté une démarche appelée « approche territoriale intégrée », dans le but de ne pas multiplier les démarches parallèles de concertation et de ne pas trop solliciter les partenaires.

Malgré l'abolition de la Conférence régionale des élus de la Capitale-Nationale en 2015 et les compressions dans les domaines de la santé, de l'éducation et du développement local et régional, les partenaires - désireux de préserver les acquis - ont décidé de continuer à avancer dans cette démarche innovante et de mandater leur MRC pour trouver des partenaires financiers. C'est dans ce contexte que la Fondation Lucie et André Chagnon a été approchée alors qu'elle commençait, elle-même, à réfléchir à l'actualisation des modalités de son soutien philanthropique. Un dialogue a alors débuté sur les possibilités de collaboration.

Aujourd'hui, la démarche de développement social intégré (DSI) mobilise  près de 50 partenaires issus de milieux aussi diversifiés que  les milieux municipal, économique, social et de la santé, de l'éducation, de la formation de la main-d'œuvre, de l'intégration des jeunes et des services juridiques, ainsi que des organismes communautaires et des associations citoyennes. Ensemble, les partenaires ont décidé de mettre sur pied des chantiers pour répondre à des enjeux identifiés au préalable - tels que la communication, la sécurité alimentaire, l'accès aux transports, aux logements abordables, aux emplois, aux loisirs… - dans une perspective de développement durable.

Tous ces chantiers, en améliorant l'environnement dans lequel grandissent les jeunes de Charlevoix, vont avoir un impact positif dans leur vie et sur leur réussite éducative. Toutefois, certains s'intéressent tout particulièrement à eux, notamment :

  • Le chantier jeunesse dont l'objectif est d'harmoniser les efforts de tous les intervenants pour avoir plus d'impacts sur le bien-être et la santé des jeunes et de leur famille. La recherche-action participative Collectivités amies des jeunes (CADJ) a, à cet égard, permis d'intégrer la voix et l'analyse des jeunes à ce chantier.
  • Le chantier politiques familiales qui vise l'actualisation et la mise en œuvre des politiques familiales dans les 13 municipalités des MRC de Charlevoix et de Charlevoix-Est, avec une lunette « inclusion socio-économique ». Des consultations citoyennes ont permis de bonifier et de prioriser des actions dans chaque municipalité.  Leur mise en œuvre se réalise progressivement.  

De nombreux projets naissent de ces chantiers

« La crédibilité d'une démarche de développement social intégré comme celle-là, localement, il faut que ce soit en continu associé à l'action. Il faut qu'il y ait des plus-values palpables rapidement pour les partenaires. »

Émilie Dufour,
coordonnatrice de la démarche

Ainsi, par exemple, le Projet école-communauté a été mis sur pied pour favoriser la persévérance scolaire, la réussite éducative, l'épanouissement des élèves de Charlevoix et prévenir les comportements à risque (ex. : toxicomanie, violence, etc.). Il vise à assurer une présence significative d'intervenants et de personnes formées particulièrement auprès des jeunes défavorisés dans leur milieu de vie, à l'école ou dans les rues l'été. Autre exemple : grâce notamment à la recherche CADJ menée auprès des jeunes de la région pour cerner leurs besoins, les conseils des maires des MRC de Charlevoix et de Charlevoix-Est se sont engagés à mettre en place un système régulier de transport collectif, efficace et inclusif, d'ici 2018. 

Où la Fondation se situe-t-elle dans cette démarche collective ?

La Fondation demeure convaincue que la réussite éducative des jeunes est un projet de société, mais qu'elle est également un projet de communautés. Il est donc important de tenir compte des spécificités territoriales et de la connaissance fine que les communautés ont de leurs réseaux, de leurs réalités, de leurs capacités et de leurs limites pour offrir à tous les jeunes un accès équitable aux ressources ainsi que les meilleures perspectives d'apprentissage.

La Fondation entend, par conséquent, s'adapter aux besoins, au sentiment d'appartenance ainsi qu'au leadership et aux dynamiques des partenaires qui partagent la même volonté d'agir. Ce sont donc les partenaires de Charlevoix qui connaissent le mieux leur territoire, et certains de leurs principes rejoignent les préoccupations de la Fondation, notamment celles de:

  • Lever les obstacles qui se dressent dans la réussite éducative et le parcours de vie des jeunes
  • Réduire les inégalités des chances entre les jeunes charlevoisiens
  • Coconstruire un Charlevoix solidaire, juste et inclusif qui permette aux jeunes de réaliser leur plein potentiel

La Fondation apporte bien sûr un soutien financier, mais, en adoptant une attitude d'ouverture et d'écoute, elle veut également faire partie de la démarche dans une perspective de coconstruction.

Pour en savoir plus sur le développement social intégré dans Charlevoix

Merci à Émilie Dufour - coordonnatrice de la démarche  de développement social intégré de Charlevoix - pour sa généreuse collaboration à l'écriture de cet article.

Nous voulons

« Nous voulons » est une courte vidéo qui traduit en images la volonté, chaque jour renouvelée, qui nous anime : celle de prévenir la pauvreté pour le bien-être des générations futures au Québec.

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